Avant-Propos

Avec ces quelques lignes je voulais rendre hommage à une musique californienne des années 60/70, et en particulier d'un groupe dont j'aime beaucoup la musique. Je veux parler des DOORS et de leur chanteur Jim Morrisson.
Il ne s'agit pas d'un historique du groupe, mais juste de quelques anecdotes. Il y a aussi quelques mots sur le groupe CROSBY STILLS & NASH qui en 1969 sortait un premier 33 tours que j'écoutais avec mes copains, j'avais à peine vingt ans ! Un an plus tard, THE DOORS sortaient "Morrison Hotel". Entre ces deux groupes et les photos qui vont suivre il y a un lien, l'histoire d'un musicien qui devient photographe ! Henry Diltz...
Il y a aussi quelques mots sur la Soul Music et quelques groupes de ces années là...


INDEX

1 - Henry Diltz, musicien et photographe
2 - L'album "Morrison Hotel" et son histoire
3 - Forever 27 Club, 27 Club ou le Club 27
4 - il n'avait pas 27 ans, il en avait 26... OTIS REDDING
5 - Crosby Stills & Nash - Passons à quelque chose de plus gai maintenant
6 - "Hard Rock Cafe"&"Morrison Hotel Gallery"


1 - HENRY DILTZ, musicien et photographe

Vous les passionés par la photo, vous allez découvrir un lien entre cette musique et le monde de la photo.
Quand on regarde des photos des DOORS, beaucoup d'entre elles viennent d'un de leurs amis musicien, Henry Diltz, qui est devenu leur photographe attitré. Ce musicien-Photographe c'est Henry Diltz.
Vous aller trouver ici des informations et des photos glanées sur le net, traduites, complétées voire corrigées car j'ai la chance d'avoir un recueil de photos de Henry Diltz (dédicacé s'il vous plait) avec pour chaque photo, son histoire. J'ai aussi un autre livre d'Henry Diltz sur Jim Morrison qui m'a apporté beaucoup de détails.


Extrait d'une interview d'Henry Diltz :
"Je prends constamment des photos. C'est l'acte de prendre une photo qui est agréable pour moi et les bonnes choses viennent ensuite, mais j'aime les prendre. C'est une question d'équilibre. Au sujet de mon cadrage, quelqu'un a dit que j'ai un cadrage à la "John Jones" et je l'assume. Je tiens à encadrer le monde, c'est un peu artistique.
Il suffit que je marche dans la rue et je vais prendre une vingtaine de photos. J'aime photographier des trucs sur le trottoir, les plaques d'égout, des symboles sur les poteaux de téléphone, des graffitis ou des plaques d'immatriculation de voiture. n'importe quoi, juste toutes sortes de choses".


Ce qu'on dit de Henry Diltz, par Lawrence Lai :
Le renommé photographe Henry Diltz a pris des photos des Stars les plus célèbres du rock n ' Roll depuis les années 1960. Autodidacte, Diltz contracta le virus de la photographie lors d'une tournée avec son groupe folklorique "Modern Folk Quartet".

Robby Kriegger (Guitariste des DOORS et auteur des paroles de plusieurs chansons) fait cette réflexion :
"Henry semblait toujours être à la bonne place et au bon moment !"


Dans les années 66 le groupe d'Henry, le "Modern Folk Quartet" (MFQ) était en tournée à travers les Etats Unis. Un après-midi, en passant par un petit village du nom de Michigan, Henry avait acheté un appareil photo d'occasion, juste pour s'amuser,
c'était un "Pony" de chez Kodak, 20 $
.

Après MFQ dissous, de photographe amateur, Henry devient photographe professionnel, surtout quand une de ses photos est utilisée pour la couverture de l'album "Loving Spoonful". Sachez aussi que Henry Diltz jouait dans le groupe, à la clarinette.
"Lovin' Spoonful" ? ça vous dit rien ? Mais si... Allez donc écouter "Daydream" !


Au début Henry n'avait aucun indice pour utiliser son "Pony". Je le cite :
"J'ai juste lu les informations qui étaient dans la boîte des pellicules, les réglages à appliquer, et comment les appliquer sur l'appareil". C'est là toute la formation dont il aura besoin !
Pendant les semaines qui suivirent l'achat du Pony de chez Kodak, Henry et ses copains se sont mutuellement photographiés à tous moments, et une fois rentrés à Hollywood ils n'attendirent pas pour allez développer leurs rouleaux de pellicules.


Quand Henry reçu les siennes il fut d'abord surpris car c'était des diapositives ! Il s'écria : "great, let's have a Slide Show !" ou "génial, allons faire une projection !"
Alors ils sont tous partis à la maison de Ron Jacob, (la "Ron Jacobs' House") car Ron était directeur des programmes de la Station de Radio "Top 40" de Los Angeles (KHJ) c'était un bon copain et il avait une immense salle de Projection.
Je cite Henry : Quand j'ai vu ma première diapo s'afficher sur l'écran, j'ai tout de suite pensé : C'est absolument magique ! que nous puissions revivre ces moments que nous venions de traverser".
A partir de ce moment là, Henry s'est mis à photographier davantage...


Depuis, ses photos on fait la couverture de plus de 300 albums, ceux de Jimi Hendrix, Mama Cass, des Doors, de Joni Mitchell, James Taylor, The Eagles, Garth Brooks, et bien d'autres...Elles ont été imprimées dans beaucoup de magazines et différents livres dans le monde. Etant musicien lui-même Henry a toujours été considéré par les membres de tous les groupes musicaux de l'époque comme un des leurs.

Membre fondateur du Modern Folk Quartet, Diltz est aussi à l'aise en tant que musicien qu'en tant qu'historien des cinq dernières décennies de la musique populaire. Plutôt que de courir avec la puissante meute de paparazzi pour prendre LA photo de LA célébrité du moment, Diltz s'adapte à ses sujets, souvent des copains et collègues.
Son style discret a fait les Unes de Newsweek, Peoples, Rolling Stones, et du Los Angeles Times, pour n'en nommer que quelques-uns. Sa photo de Paul et Linda McCartney à Malibu fit la couverture du magazine Life.
Il utilise toujours l'environnement afin d'améliorer ses portraits, et la couverture du premier album de "Crosby Stills and Nash" donnera le ton des années 1969.

(voir plus bas pour "Crosby Stills and Nash")

 

2 - l'album "Morrison Hotel", son histoire


Cette photo du Morrison Hotel a été prise en décembre 1969 là ou se trouvait l'Hôtel Morrison situé au 1246 South Hope Street à Los Angeles. De la gauche vers la droite : Ray Manzarek (clavier), Robbie Krieger (guitare), Jim Morrison (chant) et John Densmore (batterie). Si vous passez par L.A. ne ratez pas l'occasion d'aller faire un tour à cette adresse et de prendre une photo souvenir !
NB (du 3 juillet 2013) : Ray Manzarek vient de mourir, c'était le 20 mai 2013. Ils sont donc de nouveau réunis avec Jim, comme quand ils s'étaient rencontrés pour la première fois sur une plage californienne en 1965 à Venice, point de départ de la création des DOORS...

La photo ci-dessus est devenue célèbre car c'est la photo de couverture de l'album vinyl des DOORS "Morrison Hotel" et aussi sur le CD vendu actuellement. C'est Ray Manzarek, le Pianiste du groupe qui a vu cet hôtel, aussitôt il le montre à Jim Morrison qui dit : "Regardez comme c'est un bon endroit pour commencer une religion ou planifier un meurtre !" Ou : "Looks like a good place to start a religion or plan a murder !"

Henry Diltz a demandé au gérant s'ils pouvaient prendre des photos à l'intérieur de l'hôtel mais le gérant a refusé. Henry et le groupe étaient donc dehors, devant la vitrine.
Henry, qui était un petit malin, remarqua à un moment que le gérant semblait prendre l'ascenseur et que la lumière verdâtre (lumière verdâtre juste en dessous de "...son" de Morisson Hotel) qui signalait que celui-ci montait venait de s'allumer. Alors vite fait il a dit au groupe d'aller derrière la vitrine, et il a fait quelques photos.
Ensuite le groupe est ressorti en courant ! Les photos étaient faites !

NB : Henry est maintenant propriétaire d'un "Morrison Hotel Gallery". Amusant, non ?


Il faut dire que Jim Morrison avait vu la photo de couverture du premier Album de CROSBY STILLS AND NASH (1969) et il l'avait beaucoup aimé. (voir un peu plus loin) Il avait vu aussi celle du premier album des "Lovin' Spoonful" en 1965.

C'était Henry Diltz qui les avait faites !
Et Henry était avec eux !

Alors pourquoi ne pas faire le même genre de photo avec leur groupe ! Et le "Morrison Hotel" était le bon endroit !


 

A la pointe du "L" de Hotel vous pouvez voir le reflet du Combi Volkswagen de John Densmore avec lequel ils sont venus.

Sur la photo au-dessus il y a un personnage qui se distingue à peine, il s'agit du directeur artistique des DOORS, Gary Burden, êtes vous capable de le voir ? Pour vous aider regarder la photo de droite.

Allez, une autre devinette : dans la photo du haut, celle de la pochette, juste après le début du paragraphe n°2 il y a Henry Diltz prenant la photo qui se reflète.
Il est juste au-dessus de la tête de Jim Morrison et la lumière verdâtre horizontale ! Je sais, faut vraiment savoir que c'est lui !

 


Dans le livre sur Jim Morrison que je possède Henry Diltz raconte :
Au cours d'une réunion pour parler de la couverture de l'album, c'est Ray Manzanek qui déclara : "Ma femme Dorothy et moi-même sommes allés dans le centre ville de L.A. l'autre jour et nous avons vu un petit Hôtel avec écrit sur la vitrine Morrison Hotel..."

Alors nous sommes tous montés dans le Van Volkswagen de Densmore pour aller voir.

Henry a fait quelques clichés mais la lumière n'était pas bonne, les immeubles se reflétaient trop dans la vitrine. C'est seulement 10 jours plus tard qu'il feront les photos.

aa

La photo de Henry Diltz ci-dessous est la photo du dos de l'album des DOORS "Morrison Hotel" (et le dos du CD) Et elle va aussi devenir célèbre ! Lisez la suite...


Après les photos prises à l'hôtel Morrison qui vont servir pour l'album "Morrison Hotel" et dont la couverture va devenir célèbre, Jim Morrison qui avait envie de boire un coup a conduit le groupe vers un quartier mal famé de Los Angeles...


Jim remarqua un petit Bar appelé "Hard Rock Cafe" et le nom l'inspira.

Tout le groupe s'était entassé dans le Van Volkswagen de John Densmore avec le photographe Henry Diltz qui raconte que quand ils ont remarqué le nom de ce Bar désormais célèbre sur East 5th Street, ils se sont tous écrié : "Oh, on doit aller là-dedans!"

Comme précisé au début pour la photo au "Morrison Hotel", nous sommes en décembre 1969, d'où les décorations du nouvel an dans ce petit bistrot au 300 East 5th Street !


h

Avant de rentrer dans le Bar ils sont restés devant pour discuter avec les gens, des vieux, des poivrots pour qui ils n'étaient que des clients...
Ensuite ils sont rentrés.

Henry raconte :
"Nous avons commandés six bières Budweiser bien fraîches (il y avait avec eux Gary Burden) et si je restais dans l'embrasure de la porte la lumière naturelle serait parfaite pour les photos. Et puis j'ai demandé aux gars de se retourner et de me regarder !" Voir la photo au-dessus.

HARD ROCK CAFE !
C'était le nom de ce petit Bar mal famé... ce nom vous dit bien sûr quelque chose. Vous voulez en savoir plus ? Alors aller voir un peu plus loin au paragraphe n° 6.


3 - Forever 27 Club, 27 Club ou le Club 27

Jim Morrison est mort le 3 juillet 1971 à Paris. Il est enterré au cimetierre du Père Lachaise à Paris.
Il avait 27 ans.
Ses fans le considèrent comme faisant partie du Club des 27, appelé aussi Forever 27 Club, 27 Club ou le Club 27, c'est le nom donné à un groupe d'artistes influents du rock et du blues, tous morts à l'âge de 27 ans. Ce sont :
Robert Johnson, Bluesman américain - Brian Jones, fondateur des Rolling Stones - Allan Wilson, guitariste des Canned heat - Jimi Hendrix - Janis Joplin - Kurt Cobain - et plus récemment, Amy Winehouse. Sans compter 12 musiciens de renom, mort aussi à 27 ans.


Ce n'est qu'à partir du suicide de Cobain que l'idée du club des 27 s'est imposée dans l'inconscient collectif, en référence à la déclaration de la mère du chanteur de Nirvana :
"Maintenant, il est parti et a rejoint ce club stupide. Je lui avais dit de ne pas le rejoindre".

Citation :
"it's better to burn out than to fade away" (K. Cobain)

< A gauche une photo de Jim au "Hollywood Bowl" pendant un Concert. Il n'y avait ce jour là avec Henry Diltz qu'un seul autre photographe...
Essayez d'imaginer combien de photographes seraient là si Jim et les Doors se produisaient ce soir ?

 



Brian Jones, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jim Morisson, Kurt Kobain et Amy Winehouse
Allez voir ici, the"Death of Rock"Il y en a 24 !

4 - Il n'avait pas 27 ans, il en avait 26... OTIS REDDING

Le 10 décembre 1967, à 26 ans Otis Redding se tuait dans un accident d'avion avec ses jeunes musiciens, les "Barkays". il n'y eu miraculeusement qu'un seul rescapé, le jeune trompettiste Ben Cauley, 20 ans. Le bassiste James Alexander s'en tire aussi car il n'avait pas de place dans l'avion et était resté à terre.
La "Soul Music" perdait un de ses plus grand chanteur.
Les DOORS, dans leur album "The soft Parade" sorti en 1969 lui rendent un hommage dans la chanson écrite par Robbie Krieger "Runnin' Blue" (la 7ème sur l'album) Jim et Robbie se partage la partie vocale.

 

 

Poor Otis, dead and gone

Left me here to sing his song

Pretty little girl with the red dress on

Poor Otis, dead and gone.

 

Une photo d'Otis, jeune. (Pas facile à trouver) >


Le 9 décembre à Cleveland ils donnèrent trois concerts en deux nuits dans un petit Club nommé Leo's Casino. Le lendemain, le 10, ils devaient jouer à Madison, dans le Wisconsin, au "Factory Nightclub" près de l'université du Wisconsin.
Otis avait son propre avion, un Beechcraft H18, La météo était très mauvaise et le vol vers Madison avait été déconseillé. Mais Otis ne voulait pas décevoir ses Fans et ils décidèrent de partir quand même.
A 6,4 km de Madison, à "Truax Field" le pilote demande la permission d'atterrir. Un peu plus tard le Beechcraft se crash dans le lac Monona, dans la Squaw Bay.

Otis Redding n'a jamais annulé un de ses concert. Celui du 10/12/1967 sera donc le seul...

Un hommage à Otis Redding est rendu quelques fois à la fin de la chanson des DOORS "When the Music's Over".
Personnellement je considère le fait d'écrire quelques lignes sur Otis Redding comme un hommage, car ses vinyls ont beaucoup tournés sur mon Philips... Des têtes aussi ont tourné sur ses slows langoureux...
Un de ceux là avec "Try a Little Tenderness"...

Et une petite vidéo ici :

Une autre curieuse chose. Le 11 décembre 1964 soit 3 ans "jours pour jour" avant le crash du Beechcraft d'Otis, Sam Cooke était tué dans une affaire pas très claire...
Sam Cooke est un des artistes de la "Soul Music" que j'aime beaucoup. Je vous donne un titre ? "A Change Is Gonna Come" ! (Repris il n'y a pas longtemps par Seal...)
Allez l'écouter je vous le recommande, c'est une des meilleures versions, c'est ici :


Quelques lignes sur Otis Redding...

“Sitting On The Dock Of The Bay" est une des plus connues de ses chansons. Elle a été enregistrée juste avant la mort d'Otis. Cette chanson a une particularité, c'est la seule chanson dans l'histoire du "Billboard Magazine Music Chart" à devenir numéro 1 "à titre posthume".
Otis Redding n'a jamais entendu l'enregistrement avec les arrangements de guitare de Steve Cropper, le bruit des vagues et le cri des mouettes…
Quand cette chanson est sortie, elle a tout de suite été propulsée à la première place du Palmarès de la musique Pop et obtenue en même temps un Disque d'or. Elle est devenue la chanson numéro 1 d'Otis Redding et à été vendue à plus de quatre millions d'exemplaires à travers le monde.
La chanson fait partie en 1986 de la bande originale du film Top Gun de Tony Scott avec Tom Cruise.

Elle est connue, mais c'est toujours un plaisir de l'écouter, non ? Très bien faite la vidéo.


Il y a une autre chanson d'Otis qui a une histoire…
Otis habitait Macon dans le Wisconsin et jouait dans un petit groupe, celui de de Johnny Jenkis, les "Pinetoppers". Il était plutôt l'homme à tout faire et le chauffeur qu'un musicien…
Un jour le guitariste Johnny Jenkins était invité à Menphis dans les studios de la Stax Records. Jenkis n'avais pas le permis de conduire, c'est donc Otis Redding qui pris le volant.
Aux studios Stax personne ne connaissait Otis. Le guitariste Steve Cropper (qui deviendra un collaborateur d'Otis pour l'écriture de certaines chansons) raconte :
"J'ai vu un grand mec qui ouvrait le coffre de la voiture et qui sortait tout le matériel, amplificateurs, micros, etc. J'ai pensé : ça doit être le chauffeur ? C'était un mec grand (otis mesurait 1,86m pour 100 kg) J'ai aussi pensé que c'était le garde du corps, ou le valet en plus du chauffeur…"

Selon le Washington Post, la session d'enregistrement avec Johnny Jenkins s'est avéré être "un désastre désorganisé" et a été écourtée. La plupart des musiciens ont été priés de partir.
Mais il y avait encore environ 40 minutes à faire sur l'horloge de cette session.
Ces dernières 40 minutes sont devenues les plus heureuses 40 minutes dans l'histoire de l'industrie de la musique.
Voilà comment Steve Cropper se souvient de ce qui s'est passé ensuite :


Otis Redding est venu voir le batteur Al Jackson et a dit :
"Vous savez, je suis un chanteur ! Parfois j'aimerais trouver quelqu'un pour m'écouter chanter..."

Moi j'étais un genre de A & R administrateur désigné (la personne responsable de l'identification de nouveaux artistes) aux Studios Stax et à l'époque j'avais l'habitude d'organiser des auditions le samedi.

Al Jackson est venu me voir et m'a dit: "Ce mec qui est avec Johnny, Otis je crois, il chante avec lui et il aimerait qu'on l'écoute chanter, t'as pas deux ou trois minutes pour écouter ce mec ?"

Steve Cropper accepta alors d'écouter Otis… Décision qui changera beaucoup de chose…

< Otis Redding dans les studios de la "Stax Records"

Steve alla au piano est demanda à Otis ce qu'il voulait chanter. Otis demanda de chanter un petit "Tempo" en imitant Little Richard, ce qu'il s'amusait à faire souvent, mais Otis n'impressionna pas son monde...
Voyant ça, Otis demanda alors que Cropper joue au piano ce qui est appelé un "Gospel Triplets" et commença à chanter une ballade qu'il avait lui-même écrite, "These arms of mine"... La réaction fut immédiate ! comme le raconte Cropper :
"Nous sommes tombés parterre ! J'ai attrapé Jim Stewart le patron de Stax, mais Stewart aussi était sous le choc !"

La plupart des musiciens qui étaient là pour Johnny Jenkis étaient partis. Le bassiste Louis Steinberg avait rangé ses instruments dans la voiture mais il était toujours là. Stewart le fit revenir. Le guitariste Steve Cropper alla au piano, Al Jackson Junior à la batterie et Johnny Jenkis à la guitare ! (On peut imaginer ce que Jenkis devait ressentir !) Et tout ce petit groupe constitué à la va-vite procéda à l'enregistrement de "These arms of mine" PAR Otis Redding !

La première chanson de chez première d'Otis Redding !

Ce fut le premier succès de Otis Redding ! Et ce jour là c'est Otis Redding qui signa un contrat et non pas Johnny Jenkis. (Jenkis continua d'enregistrer et il devint un guitariste très apprécié et très influent)

Traduction libre d'un extrait de texte de Ronald E. Franklin de "Hubpages".

5 - Passons à quelque chose de plus gai maintenant :
CS&N

1968 ! CSN est créé.
Festival de Woodstock : CSN & Y second concert, avec Neil Young ! Le succès !

Sur la couverture de leur premier album, de la gauche vers la droite, Nash, Stills and Crosby.

Et le titre de l'Album ? CROSBY STILLS & NASH ! Il n'y a pas de raison particulière pour que ce soit l'inverse de l'ordre du titre de l'Album.

La photo a été prise par leur ami Henry Diltz avant même qu'ils décident d'un nom pour leur groupe. Ils avaient trouvé une maison abandonnée au Nord de Palm 809 avenue, West Hollywood, en face de la station de lavage "Palm Père Noël" et ils ont pensé que ça irait bien avec leur groupe.
Voilà donc nos trois talentueux musiciens, détendus, sur un canapé funky abandonné sur le porche d'une vieille maison en bois.

Et puis...


Quelques jours plus tard ils ont décidé du nom de leur groupe : ce sera CROSBY STILLS AND NASH et ils choisir cette photo pour la couverture. L'ordre étant inversé, pour éviter toute confusion ils retournèrent à la maison abandonnée pour se mettre dans le bon ordre sur la photo.

Mais quand ils arrivèrent sur place, la maison avait été détruite pour faire un Parking et était réduite à un tas de bois !

Henry nous dit que jamais personne ne leur a fait une remarque sur l'ordre des noms !
Ben... ? Vous aviez remarqué vous ? :-)


En 1970, Stephen Stills publie son premier album solo, "Stephen Stills" (avec sa fameuse pochette le montrant jouant de la guitare dans un paysage enneigé).
(Photo de Henry Diltz)

Ce premier album est une réussite avec des titres forts comme Love the One You’re With, Black Queen, Sit Yourself Down et We Are Not Helpless.

Pour cet opus, il a bénéficié de l'aide d'Eric Clapton, Ringo Starr, John Sebastian, bien sûr David Crosby et Graham Nash et celle de son ami Jimi Hendrix, (décédé le 18 septembre 1970), à qui il dédie le disque.


Photo prise par Henry Diltz à "Gold Hill" dans le Colorado en 1970.

Henri raconte : "Nous étions restés 2 jours dans le cabanon de Stephen, et puis un matin, en regardant par la fenêtre nous vîmes le paysage couvert de neige !
Stephen s'écria : Allons-y, allons prendre quelques photos ! Il pris alors sa guitare, se rua dehors et commença à jouer, entouré de blanc.
Pendant ce temps là, je prenais une bobine de photos couleurs et une autre de noir et blanc. Voilà comment l'une d'elles devint la photo de couverture de son premier album solo.


Sans se chercher, leurs voix s’étaient déjà trouvées : leur manquait encore l’étincelle, le génie sombre, le prodige : ce fut Neil Young lui-même, déjà croisé dans les parages du "Buffalo Springfield", qui les rejoint, après leur premier disque (1969), platoniquement intitulé Crosby, Stills and Nash. Et pour une première galette, quel carton : plus de quatre millions d’exemplaires déjà vendus !

Sans parler du super succès qui les lança pendant le Festival de Woodstock !

A droite, Neil Young, Graham Nash, David Crosby et Stephen Stills (Photo de Henry Diltz)

 


 
Un petit mot sur Graham Nash quand même !
Souvenez-vous, en 1962, c'est lui qui fonda le groupe des "Hollies" ! Un groupe britannique. Cette année là ce fut la plus grosse vente de disque, juste derrière les Rolling Stones et les Beatles !

f
The Nash Years, 1963 - 1968


Vous aimez le Rock ? Alors allez voir et écoutez "Long Cool Woman (in a Black Dress)" ! La vidéo est un peu vieillote, mais cette musique, à fond les basses et les décibels, sur des berlles et bonnes enceintes dans une cave "où l'on s'amuse"... je vous dis pas l'ambiance !
En dessous à droite :


Henry Diltz raconte : J'ai rencontré les Hollies la veille où j'ai pris cette photo. Graham m'a dit : "Oh, vous êtes photographe ? nous avons besoin de photos !" Une des photos prises ce jour a fait la couverture de leur album anglais "For Certain Because". Super ces mecs !

Graham Nash, en troisième position.

Vous avez aimé ? Vous en voulez une autre ?
"The Day That Curly Billy Shot Down Crazy Sam McGee"
Alors allez écouter les basses ici :>
Ces deux là, c'est mes préférées !


Long Cool Woman a été réalisé dans le style des "Creedence Clearwater Revival" (que j'adore) au niveau vocal, rythme et style mélodique. En plus, d'après Allan Clarke l'auteur des paroles, cette chanson a été écrite en presque 5 minutes.


Quand Rickfords quitte les Hollies, Clarke les rejoint en juillet 1973. Leur premier single était une de ses chanson :
"The Day That Curly Billy Shot Down Crazy Sam McGee" !
Un TOP 40 au Royaume uni à l'automne !



Enfin, n'oublions pas David Crosby, qui a été quand même un membre fondateur du groupe les "BYRDS" :

Photo prise par Henry, sur la route, dans un hôtel, avec le cadeau d'un fan dans la main.

Son commentaire :
" C'était pendant les jours où nous étions contre l'Establishement, Contre le Gouvernement. Nos libertés individuelles incluaient tout ce que nous pensions être juste, légal ou non."

Cette image me rappelle ce sentiment.


Au sujet des BYRDS, une anecdote assez amusante : souvenez-vous de la chanson "Mr Tambourine man". Une chanson écrite et interprétée par Bob Dylan. Avant même sa sortie par Dylan, elle est reprise le 20 janvier 1965 par les BYRDS et elle atteint la première place au "Billboard Hot 100" !
Cette chanson apparaît deux fois dans le classement des 500 plus grandes chansons de tous les temps établi par le magazine Rolling Stones. (seules 3 chansons se placeront 2 fois dans ce classement) La version des BYRDS est classée 79ème et celle de Dylan 109ème ! Amusant non ?

Mais revenons à Stephen Stills :
Après avoir joué dans le groupe "Buffalo Springfield" et Crosby, Stills & Nash (et un autre groupe moins connu, en 1968, Bloomfield, Kooper & Stills), Stills a probablement eu envie de sortir un album tout seul comme un grand, et le résultat est tout simplement exceptionnel. (voir plus haut)
Ce premier album solo éponyme est généralement classé dans les plus grands de l'histoire de la musique. Certaines des chansons seront par la suite jouées en live par Crosby, Stills & Nash lors de leurs reformations (au moment de la sortie du premier album solo de Stills, CS&N n'était pas loin de se séparer) : Black Queen, Love The One You're With.

Pour ce disque, Stills s'est entouré d'une clique de musiciens ahurissante. Jimi Hendrix, mort avant la sortie de l'album (qui lui est dédié), appose sans doute ses dernières notes de guitare sur Old Times Good Times, tandis qu'Eric Clapton joue sur Go Back Home. La batterie est tenue par Dallas Taylor, qui a collaboré avec Crosby, Stills & Nash (& Young), mais d'autres batteurs participent aussi à l'album, notamment Ringo Starr (crédité sous le nom de Richie). Stills tient guitare, basse, orgue, piano et percussions. Enfin, vocalement parlant, on notera les participations de David Crosby, Graham Nash (oui, le trio folk-rock est donc au complet ici), John B. Sebastian, Rita Coolidge, et même le photographe Henry Diltz, qui signe la pochette et aide aux choeurs ! Il y a aussi d'autres choristes talentueux, mais ils sont moins connus (Larry Steele... etc.).

We Are Not Helpless est une sorte de réponse de Stills au fameux Helpless que Neil Young a chanté sur "Déjà-Vu", l'album de Crosby, Stills, Nash & Young sorti plus tôt la même année 1970. Rappelons que la chanson du Loner parlait des immensités du paysage canadien, et de la solitude que l'on ressent à y habiter (Neil Young est canadien). D'autres chansons de l'album sont purement magiques, comme To A Flame, Cherokee ou Love The One You're With. L'album "Stephen Stills" est une pure merveille à la croisée des chemins entre folk et rock, une collection de chansons magistrales.
Un an plus tard, Stills enregistrera un second album solo (Stephen Stills 2) lui aussi excellent, puis passera à un concept nettement plus ambitieux, le grandiose double-album Manassas. Mais malgré la réussite totale de Manassas, son premier album "Stephen Stills" est et restera son Chef-d' Oeuvre, l'album indispensable et mon préféré du trio CS&N.
(Info de Rock Fever)


6 - "Hard Rock Cafe" - "Morrison Hotel Gallery"

En 1971, Isaac Tigrett et Peter Morton, les fondateurs de la chaîne Hard Rock Cafe (qui n'avait encore aucun nom) avait remarqué la photo sur le dos de l'album des Doors "Morrison Hotel", avec le nom de ce petit bar, le "Hard Rock Cafe" et ce nom leur avait plu.


Alors un an après la sortie de l'album "Morrison Hotel" le tenancier du Hard Rock Cafe reçu un appel téléphonique depuis le Royaume Uni. (Il s'agissait probablement d'un des deux fondateurs de Hard Rock Cafe) qui voulait avoir l'autorisation d'utiliser ce nom pour leur chaîne de Bar. Et vous l'avez deviné, l'autorisation fut accordée.
Ce qui fait dire à Henry Diltz : "Maintenant, chaque fois que je vais dans un Hard Rock Cafe, quelle que soit la ville où je suis, j'ai l'impression que je pourrais obtenir un hamburger gratuit !"
La devise des Hard Rock Cafe est bien connue, c'est "Love all, serve all". (Devise qui fut aussi adoptée par le gourou indien Sathya Sai Baba).


Le "Morrison Hotel Gallery" il y a quelques années, et en dessous actuellement.
Il représente plus de 80 photographes qui ont capturé des moments historiques depuis 70 ans. Depuis 2002, la Galerie a traitée plus de 30 expositions toutes avec l'unique but des photographes, fournir des images des musiciens qui sont des icônes légendaires.

Une petite pensée de Henry Diltz pour finir :
Parfois, si vous ne suivez pas votre propre voie, votre vie se déroulera d'une façon que vous n'auriez jamais imaginé !
Et puis comme c'est la fin de mon document, il me vient à l'esprit une chanson des DOORS... "The End"...
Celle que Francis Ford Coppola a utilisé au début d'un de ses meilleurs films, " Apocalypse Now"...
Vous voulez l'écouter ? Vous avez une dizaine de minutes ? (si la lecture ne se lance pas spontanément, dans le message vous aurez : "visionner la vidéo sur Youtube" il ne vous reste plus qu'à cliquer dessus)



.../...
The End
This is the end, beautiful friend
This is the end, my only friend
The end of our elaborate plans
The end of everything that stands
The end

INDEX

1 - Henry Diltz, musicien et photographe
2 - L'album "Morrsion Hotel" et son histoire
3 - Forever 27 Club, 27 Club ou le Club 27
4 - il n'avait pas 27 ans, il en avait 26... OTIS REDDING
5 - Crosby Stills & Nash - Passons à quelque chose de plus gai maintenant
6 - "Hard Rock Cafe" - "Morrison Hotel Gallery"

Retour haut de page